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CD et DVD musicaux

Dimanche 17 décembre 2006
Mark Lanegan et Isobel Campel sont des musiciens renommés du rock underground ou indépendant, c'est-à-dire qu'ils sont quasi-inconnus du grand public. Qui en effet connaît les Screaming Trees ou Queens of the stone age, groupes au sein desquels a officié Mark Lanegan, et qui connaît Belle & Sebastian, le groupe qui a lancé Isobel Campbell ?
Si la quasi intégralité du disque a été enregistré à distance par Isobel Campbell et Mark Lanegan, on sent une véritable untimité et une chaleur indéniable dans cette musique, peut-être liée à l'utilisation d'instruments "vintage" acoustiques : contrebasse, orgue, batterie jouée aux balais, guitares, etc. Cela rend album assez intemporel : sorti en 2006, il aurait pu sortir il y a 10 ou 30 ans.
C'est un album très varié, malgré une tonalité dominante mélancolique. Dans les années 70, on aurait dit "laid back". Les chansons peuvent tour à tour évoquer le Tom Waits de Mule variations (avec Marc Ribot à la guitare) en plus sage, avec la reprise de "Ramblin' Man" de Hank Williams, le Nick Cave des Murder Ballads accompagné de Kylie Minogue ou PJ Harvey avec  "Deus ibi est" et "Ballad of the broken seas" (mais Mark Lanegan a une plus belle voix que Nick Cave), le Lambchop  de Awcmon/Noyoucmon avec "it's hard to kill a bad thing) (instrumental) et "The false husband".
Autant la voix de Mark Lanegan est grave et profonde, autant celle, éthérée, d'Isobel Campbell rappelle quelquefois celle de Julee Cruise (cf. certaines b.o. des films de David Lynch). Quelques accents celtiques  et le soutien du "scottich arts council" nous rappellent ses origines écossaises.
Les plus belles chansons de l'album sont à mon avis la berceuse "(do you wanna) come walk with me", très simple et très tendre, sur laquelle les voix de Mark Lanegan et Isobel Campbell se mêlent à merveille et " The circus is leaving town", une très belle ballade dans le style de Tom Waits avec orgue, basse ronflante et batterie jouée aux balais. Superbe.

A écouter : Ballad of the broken seas, d'Isobel Campbell & Mark Lanegan, V2, mars 2006
Site officiel d'Isobel Campbell : http://www.isobelcampbell.com/
Site officiel de Mark Lanegan : http://www.marklanegan.com
Par François
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Dimanche 17 décembre 2006
Derrière le double pseudonyme Dillinger Girl et "Baby Face" Nelson se cachent Héléna Noguerra (vue au cinéma dans Dans Paris de Christophe Honoré) et Federico Pellegrini, membre des Little Rabbits.
Ils ont enregistré leur album Bang ! en novembre 2005 à Tucson, Arizona, sous la houlette de Jim Waters, entre autre producteur de The Jon Spencer Blues Explosion. Une guitare, deux voix, quelques re-recordings pour un album dépouillé, d'une grande beauté, la douce voix de Dillinger Girl enrobée de reverb répondant à la sombre voix de "Baby Face" Nelson.
C'est quelquefois un peu approximatif ("Stop"), chanté majoritairement en anglais, pour au final un folk inspiré et doux, avec quelques échappées nerveuses et même une reprise pour clôre l'album de "Heart of Glass" de Blondie sous le titre "Super Believe", quelque peu plombé par une boîte à rythme mal venue (ce sera ma seule restriction).

A écouter : Bang ! de Dillinger Girl & "Baby Face" Nelson, Universal Music Jazz, mai 2006.
Site officiel : http://www.dillingergirl.com/
Par François
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Dimanche 15 avril 2007

Ceux et celles qui avaient eu la chance de voir Marissa Nadler au bar le Nozdei à Rennes en octobre 2006 (cf. mon article paru à l'époque) seront sûrement ravis d'apprendre que la jeune fille vient de sortir un troisième opus, chez un nouveau label, Peacefrog Records, qui permettra une meilleure diffusion de ses chansons.

Ce troisième album, Songs III : Bird on the water, est dans la même veine que les deux précédents. D'une voix toujours aérienne, Marissa nous susurre ses poèmes d'amour et de perte, accompagnée de ses arpèges de guitare, d'un peu de mandoline, d'harmonica, de violoncelle, mais aussi de quelques synthétiseurs dont certains sont joués par Greg Weeks (auteur du très beau Awake like sleep en 2001).

Bon d'accord, c'est extrêmement mélancolique, mais ce n'est pas pour ça qu'il fait être triste ! au contraire : je me dis que une personne arrive à aussi bien chanter et à comoser de si belles chansons, c'est une preuve qu'on peut encore un peu avoir foi en l'espèce humaine, et en la possibilité de créer un peu de douceur entre les humains... je sais je suis naïf, mais je préfère la naïveté au cynisme.

Pour ceux qui habiteraient Paris, voudraient faire le déplacement, Marissa Nadler sera en concert dans le cadre du festival Les femmes s'en mêlent, le  24 avril 2006 à la Maroquinerie, en compagnie notamment de Laura Veirs. Ce sera sa seule date en France, alors...

 

A écouter : Songs III : Bird on the water, de Marissa Nadler, Peacefrog Records, 2006 (15 € dans toutes les bonnes boucheries)

 

Site internet : http://www.marissanadler.com/
Page Myspace : http://www.myspace.com/songsoftheend

Par François
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Mardi 1 mai 2007

L'art de la reprise est un art délicat ; que ce soit au football ou en musique... mais si vous le permettez nous écarterons le premier sujet, car malgré une pratique assidue du football durant de nombreuses années, je n'ai jamais réussi à en faire une correcte... passons.

Pour faire une bonne reprise, donc, plusieurs éléments sont nécessaire : il ne faut pas que ce soit une pure reproduction de l'original ; il faut que les univers des deux artistes aient des points de rencontre ; il vaut mieux éviter ce qu'en jazz on appelle les "saucissons" ou en rock des "tubes", car la version princeps est souvent aussi la définitive.

Le nouvel album de Patti Smith, Twelve, composé de douze reprises, n'évite malheureusement pas tous ces écueils. Tout d'abord, le choix des titres : tous sont des hits, et même si elle imprime sa voix à chacun d'eux, elle ne fait pas oublié les originaux. Si elle se met un peu en danger avec "Are you experienced ?" de Jimi Hendrix (pas son plus grand hit) où si sa version de "Pastime paradise" de Stevie Wonder est véritablement habitée, sa version de "Helpless" de Neil Young, par exemple, n'apporte rien.

On ne peut cependant pas nier qu'il y ait eu de véritables efforts d'arrangement, comme cette version avec banjo de "Smells like teen spirit" de Nirvana, qui cependant reste un peu anecdotique. Par contre, la version de "Within you without you" des Beatles qu'elle propose, dégagée de sa gangue indianisante, est tout à fait séduisante.

Mais quelle mouche l'a-t-elle piquée de reprendre "Everyboody wants to rule the world" de Tears for Fears ? elle a pu être séduite par le texte, mais cette musique est à cent lieues de son univers, et sa version est trop proche de l'originale. De mon point de vue, le morceau le plus faible de l'album, comme si Dylan reprenait du Hugues Auffray...

Restent d'autres reprises agréables : "White rabbit" de Jefferson Airplane, "Soul kitchen" des Doors, mais aussi "Gimme shelter", des Stones, dans une version qui, si elle ne fait pas oublier l'originale, fonctionne plutôt bien avec les parties de slide de Tom Verlaine... et paradoxalement, les morceaux dont je ne connais pas les originaux, "Changin' of the guards" de Dylan et "the boy in the bubble" de Paul Simon, sont des plus plaisantes.

Une demi réussite donc que cet album : manque de prise de risque dans le choix des titres, arrangements un peu trop convenus, mais toujours le plaisir de retrouver la voix et la diction de la grande Patti Smith, qui sera fin mai en concert à Saint-Brieuc (festival Art Rock) et à Saint-Herblain (près de Nantes).

 

A écouter : Twelve, de Patti Smith, Columbia, 2007

Par François
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Samedi 5 mai 2007

La carrière discographique de Neil Young a été rythmée par de nombreux albums en concert, de teneur très variée - qu'on pense au merveilleux Live rust (1979), savant équilibre entre folk et rock héroïque, avec un public enthousiaste en fond sonore, à l'apocalyptique Year of the horse (1997), où Neil Young dresse un véritable mur de son devant nos oreiles... souvent du très bon, quelquefois des ratages (Road Rock, en 2000, sans le Crazy Horse, ceci expliquant peut-être cela).

Le Live at Massey Hall n'est pas un énième live, enfin si, c'est est un, mais on y trouve un Neil Young en véritable état de grace, avec une voix d'une pureté incroyable, à une période (1971), où il était à un des sommets de sa productivité : participation au Déja Vu du Crosby, Stills Nash & Young, préparation de l'album Harvest... que du bon !

On retrouve sur ce live, le volume 2 d'une série de rééditions de concerts, la plupart des morceaux qui ont marqué les débuts de la carrière du Canadien majuscule : "Old man", "Helpless", "A man needs a maid", "coqgirl in the sand", the needle and the damage done", "Ohio", "Down by the river"... tout cela en solo, soit accompagné de sa guitare, soit de son piano.

Le tout dans une ambiance bon enfant (à part une remarque aux photographes en début de set), où Neil (vous permmettez que je l'appelle Neil ?) prend le temps de parler de ses nouveaux morceaux, de ce morceau de Johnny Cash qu'il ne reprendra pas...

Le CD est accompagné d'un DVD à l'image granuleuse, qui mêle images du concert et images d'archive (Neil dans son ranch, avec l'Old man de la chanson...). Le DVD contient en plus des extraits de shows radiophoniques et télévisés où Neil Young s'exprime sur l'élaboration de ses chansons et où on le voit en interpréter certaines... le tout en anglais non sous-titré, bien sûr ! Y figurent aussi des photos, des articles de presse, qui seront un véritable régal pour les fans... bref de la belle ouvrage que ce CD/DVD !

 

A écouter/voir : Live at Massey Hall 1971, de Neil Young, Reprise, 2007

Par François
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