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Dimanche 10 juin 2007

La Librairie Le Failler, rue Saint Georges, à Rennes, propose jusqu'à la fin du mois de juin une exposition de laques de trois artistes peintres.
Les frères jumeaux  Le Ngoc Thanh et Le Duc Hai, artistes vietnamiens, sont les héritiers d'un longue tradition de laque. Ils sont installés à Hué, dans le centre du Vietnam, et utilisent diverses techniques anciennes en se les réappropriant : ils mêlent papier d'argent, d'or, coquille d'oeufs pilés (qui donnent une impression de mosaïque), pour des oeuvres qu'on pourrait juger d'un premier abord naïves, mais qui sont en réalité empruntes d'une grande simplicité. Les couleurs sont éclatantes, les sujets (des oiseaux, des poissons, des bicyclettes) sont facilement identifiables.

Aux techniques traditionnelles, ils mêlent des techniques plus contemporaines : inscrustation de pierre, de métaux, qui donnent du relief à leurs oeuvres. Un très bon article (en anglais, désolé !), richement illustré, explique leur parcours et les techniques qu'ils emploient : cliquez ici pour le lire.

Cécile Bellat s'exprime dans un registre plus austère mais non moins touchant. Ce sont les frères Le qui ont initié cette artiste rennaise à la technique de la laque. Elle se l'est réappropriée en proposant des oeuvres monochromes argentées, tout juste zébrées de branches d'arbre, entre lesquelles s'immiscent de merveilleux petits poèmes qui disent le temps qui passe, l'étreinte de l'être aimé, l'absence... je vous en livre un :

Errer lentement au fil du temps
Au fil du vent fluide
Glisser tendrement
Effleurer la vie du bout des doigts

Les autres textes, tous de la même qualité, sont à découvrir à la librairie Le Failler, et les plus fortunés d'entre vous pourront emmener un de ces poèmes visuels chez eux.

 

Contact : Librairie Le Failler, 8-14 rue saint Georges, 02 99 87 87 87

Par François
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Lundi 11 juin 2007

Pierre de Vallombreuse est un photographe-reporter qui a sillonné la terre entière avec une visée humaniste : témoigner à travers ses photos de la lente disparition de la diversité humaine. En effet, par le jeu de l'étatisation, de "l'intégration-désintégration" telle que définie par Edgar Morin, peu à peu, de nombreux peuples sont niés dans leurs spécificités.

Ainsi, on estime que 5 000 peuples, représentant 300 millions d'êtres humains et 80% de la diversité humaine sont en voie de disparition. Cette exposition, qui se déroule au Musée de Bretagne jusqu'au 30 septembre 2007*, se penche sur le cas de 14 de ces peuples, que Pierre de Vallombreuse a rencontrés au cours de près de 20 ans de carrière.

Les situations, les causes de la disparition sont très variables d'un peuple à l'autre : les indiens du Chiapas, par exemple, sont niés dans leur existence par le gouvernement mexicain, qui n'applique pas les accords signés avec l'EZLN du sous-commandant Marcos. L'armée, sous couvert de mission humanitaire, harcèle la population, lui rend ses morts en état de putréfaction, mutilés... des images souvent dures, de détresse, avec son flôt de "dégâts collatéraux" : prostitution, alcoolisme...

Les Palawans, quant à eux, occupent une grande place dans l'exposition. Installés dans une petite île des Philippines, ils vivent de chasse et de pêche, comme nos ancêtres, et se réfugient dans des grottes durant la saison des pluies... bien sûr, tout n'est pas idyllique, loin de là (fort taux de mortalité infantile), mais le fragile équilibre de leur société est remis en cause par la construction d'une route près de leur territoire, et ils sont l'objet des moqueries du reste de la population.

Voila deux exemples de situations de peuples décrits dans cette exposition, dont on ne resort pas le coeur joyeux, mais qui est un formidable témoignage de résistance qui éveillera peut-être les consciences. Sont aussi présentés les Innus du Canada, les Ayoreos du Paraguay, les Himbas de Namibie, les Tatars d’Ukraine, les Akhas de Thaïlande... quant à l'histoire qui se cache derrière la photo qui illustre cet article, je vous la laisse découvrir dans l'exposition : elle est totalement exemplaire et révoltante.

un très beau catalogue (un peu cher : 45 euros) reprend toutes les photos de l'exposition ainsi que les commantaires et explique le contexte.

A noter que d'autres photos de Pierre de Vallombreuse sont visibles dans le cadre du 4ème Festival Photo Nature et Paysage de La Gacilly (dans le Morbihan), du 1er juin au 30 septembre 2007.

 

A voir : l'Exposition "Peuples", au Musée de Bretagne jusqu'au 30 septembre 2007.

 

*Le musée de Bretagne est installé au sein des Champs Libres depuis 2006.

Par François
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Mardi 12 juin 2007

Comme son titre l'indique, l'exposition "Au-delà de l'image - Les techniques du dessin révélées par la science" qui se déroule du 23 mai au 26 aoüt 2007 au Musée des Beaux-Arts de Rennes est une exposition sur les aspects techniques du dessin.

Et cela à double titre : tout au long de l'exposition, les différentes techniques de dessin sont décrites : fusain, sanguine, gouache, pastel... en même temps, pour chaque dessin puisé dans le riche fonds du Musée des Beaux-Arts, les techniques permettant d'analyser les techniques utilisées par les artistes sont décrites : macrophotographie (jusqu'à 30 fois la taille réelle), photographie infrarouge, qui permet de ne voir que les traits, faisant disparaître les éventuels aplats...

Au milieu de l'exposition, un petit film présente le Centre de Restauration et de Recherche des Musées de France (C2RMF), sis au Louvre, le clou du spectacle étant la présentation de l'accélérateur de particules dont il dispose... je n'ai absolument rien compris à son fonctionnement, mais apparemment il est fort utile aux chercheurs et autres historiens de l'art !

Ces différentes techniques permettent par exemple de savoir que Kerga a utilisé des gouaches industrielles pour réaliser "Manoir dans la verdure" (vers 1930), pendant qu'un autre peintre a utilisé des gouaches qu'il a lui-même confectionnées, ce qui lui a permis un plus grand nombre de nuances dans les bleus, les verts, etc.

L'exposition se poursuit avec un petit espace réservé aux affronts que peuvent subir les dessins (humidité, déchirure, jaunissement...) et aux moyens d'y remédier, puis par un espace où sont rapidement présentées les différentes fonctions du dessin : dessin préparatoire, copie d'original, etc.

Il s'agit donc d'une exposition très didactique, qui fera le bonheur des apprentis dessinateurs, mais qui mérite une double visite, car lors du premier passage, focalisés que nous sommes sur les aspects techniques, nous perdons un peu de vue le plaisir esthétique que peuvent susciter les oeuvres exposées.

Le deuxième passage dans l'exposition permet de mieux goûter les oeuvres : le "portrait d'une jeune fille", d'Edgar Maxence (vers 1900), pastel et gouache, "Morgat", de Henri Rivière (1908), "La récolte des pommes de terre à Saint Guénolé", de Camille Godet (1932), ont particulièrement retenu mon attention... mais l'exposition mériterait une nouvelle visite...

 

A voir : "Au-delà de l'image - Les techniques du dessin révélées par la science", du 23 mai au 26 aoüt 2007 au Musée des Beaux-Arts de Rennes

Par François
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Dimanche 16 septembre 2007

Pour la quatrième année consécutive, la ville de Rennes propose une exposition de photos, place de l'hôtel de Ville. "Quelques-uns d'entre nous...", tel est le nom de l'exposition de photos de Steve McCurry, membre de Magnum photos depuis plus de vingt ans. Le nom de Steve McCurry ne vous dira peut-être rien, mais vous avez déjà sûrement vu une de ses photos les plus connues "la jeune afghane aux yeux verts" (cliquez ici pour la voir).

Les photos exposées à Rennes ont été prise en Asie centrale (Inde, Bangladesh, Birmanie, Sri Lanka Afghanistan). Manifestement, Steve McCurry est à la fois un esthète et un humaniste.

Un esthète, car les couleurs sont chaudes et riches, l'équilibre parfait, les sujets extrêmemnt bien choisis.

Un humaniste, car toutes les photos ont pour centre l'Homme ; que ce soit dans des portraits où les yeux expriment un passé lourd, de même que les rides, la poussière qui les recouvrent, ou que ce soit dans de plus vastes compositions : on y voit des humains placés dans leur environnement quotidien, qui peut être le plus banal (une rue de Yangon, en Birmanie ou une rue du vieux Delhi, en Inde), ou grandiose (Uttar Pradeh, en Inde). Mais toujours, l'humain le plus humble est présent, avec un fort contratste entre la vie moderne et la tradition.

Steve McCurry pose aussi un regard critique sur la mondialisation, comme par exemple avec cette photo manifestement prise dans un chantier de démantèlement de navire, à Bombay, en Inde...

Une superbe exposition, qui donne envie d'en savoir davantage sur les pays photographiés, sur l'oeuvre de Steve McCurry aussi. Vous pouvez déjà aller faire un tour sur son site internet, qui reprend nombre de ses photos.

 

A voir : "Quelques-uns d'entre nous...", exposition de photos de Steve McCurry, place de l'Hôtel de Ville, à Rennes, du 7 septembre au 7 octobre 2007.

Par François
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Jeudi 1 novembre 2007

Pour la 31ème édition de ses Rencontres Photographiques, la vénérable Société Photographique de Rennes (fondée en 1880) a eu l'excellente idée d'inviter le photographe Bruno Calendini.

Comme l'explique le dossier de presse de l'exposition, celle-ci est née du partenatiat, en 2005, entre le photographe et une grand marque d'appareils photos pour tester en autonomie, pendant 12 jours, un matériel totalement numérique.

Le choix se porta sur un reportage animalier en Afrique. Étonnant comme cette exposition donne l'impression d'une grande connaissance de Bruno Calendini de la faune africaine, alors qu'a priori il s'agissait de son premier reportage de ce type ! Cette impression est sûrement liée au fait que Bruno Calendini photographie les animaux au plus près, ou en tout cas qu'il zoome sur leurs visages, ce qui donne une grande impression d'intimité (même si être intime avec une lionne ou une girafe n'est par un objectif pour moi...).

La plupart des photos ont été prises au Botswana (pays déjà évoqué sur ce blog dans un article consacré à Mma Ramotswe détective, de McCall Smith). Je me permets de citer ici le texte de présentation de l'exposition, qui présente très bien cette région :

« L’Okavango est un fleuve qui ne trouve jamais la mer. Son flot vient inonder les sables du désert du Kalahari, créant un delta d’une beauté incomparable et par là même un biotope exceptionnellement riche, théâtre de grandes concentrations animales. Encore préservé, c’est un espace pourtant menacé : dès sa source, en Angola, l’Okavango est au coeur d’une dizaine de projets d’aménagements. Depuis la sècheresse de 1996, la Namibie étudie la construction d’un pipeline à destination de la capitale Windhoek, doublé d’un projet de barrage hydroélectrique. Au Botswana, l’accroissement démographique de la région de Maun, l’élevage, l’agriculture et les besoins en eau sans cesse croissants des mines de diamants d’Orapa, sont autant de menaces qui pèsent sur le devenir du delta ».

Face aux dangers qui pèsent sur cet écosystème fragile, Bruno Calendini a décide de traiter ses images en sépia, pour souligner par des clichés aux couleurs d’antan, le déclin annoncé des grands sanctuaires sauvages.

Depuis, Bruno Calendini est retourné en Afrique (Kenya, Tanzanie) pour enrichir l'exposition.

On est frappé par la beauté de ces clichés, par la noblesse des animaux, même si la précision des photos nous laisse apercevoir quelques mouches voleter de ci de là... Le sépia donne une sensation d'éternité fort trompeuse, nous l'avons vu. La plupart des clichés sont des portraits rapprochés de girafes, éléphants, rhinocéros, hyènes, singes, gnous, hippopotames, zèbres, impala, autruches, phacochères... mais aussi quelques beaux clichés au plan large : la savane, un arbre, un éléphant, le CIEL ! superbe. Précipitez-vous, ce n'est que jusqu'au 9 novembre 2007.

A voir : "Portraits animaliers", photographies de Bruno Calendini, dans le cadres des 31ème Rencontres photographiques, organisé par la Société Photographique de Rennes, Hôtel de Ville, Péristyle sud, de 12h00 à 18h00 du lundi au samedi.

Par François
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