Concerts du Philippe Boittin Trio et de Stefano Di Battista, dans le cadre de Jazz à l'Ouest, le 14/11/07

Publié le par François

Un concert de jazz qui affiche complet sur Rennes, ce n'est pas si courant... et quand il s'agit d'une salle de cinq cent places, c'est encore plus rare !
C'était pourtant bien le cas avec le concert de Stefano Di Battista, le mercredi 14 novembre 2007, au Diapason, la belle salle de l'Université Rennes I, dans le cadre de Jazz à l'Ouest.
La soirée a débuté par le concert du trio du vibraphoniste Philippe Boittin, avec en invité Nicolas Rousserie.
J'avais déjà eu le plaisir de voir ce trio dans le cadre plus intimiste du pub du Gomené Jazz Festival, en juin dernier ; un excellent souvenir, autant pour les compositions, très variées, savantes mais toujours mélodiques.
Philippe Boittin est un maître du vibraphone, mais ses solis ne sont jamais démonstratifs. Il est très bien accompagné par le contrebassiste Simon Mary, au son rond, et par Loïc Roignant, qui a un jeu vraiment original, pas totalement jazz, pas absolument rock, une sorte d'entre deux assez surprenant. La disposition de ses fûts, certains phrases récurrentes dans son jeu en font un batteur au style particulier.
Le trio avait invité Nicolas Rousserie, un guitariste au son très agréable qui se mélangeait parfaitement à celui du vibraphone. Un concert constellé de très beaux moments, comme ce "Saro" (je ne suis pas sûr de l'orthographe !) aux inflexions africaines, où Loïc Roignant avait troqué sa batterie contre un udu (pronocer "oudou") un instrument en terre cuite originaire du Niger.
Certes tout n'était pas parfait dans ce concert (quelques notes de guitare accrochées, un solo de batterie qui tourne un poil en rond), mais le silence, l'absence de rappel après la fin du concert m'a fort surpris... heureusement le public a eu un sursaut et a quand même rappelé le groupe.
Cette tièdeur était sûrement liée à l'attente du concert suivant, ce qui semble confirmé par la clameur qui s'est levée quand Stefano di Battista est arrivé sur scène.
Fort jet-laggué, le sax alto italien a démarré son concert sur les chapeaux de roue, avec deux titres d'anthologie, dont un magique "Under her spell", lent, gorgé de soul...
Même si sur le moment j'ai trouvé ça très drôle, rétrospectivement, je crois que Stefano Di Battista a eu tort de se lancer dans  ce petit discours sur les titres de ses morceaux : indubitablement, la tension est retombée, et à une ou deux reprises, j'ai eu ce sentiment d'un concert avec quelques trous d'air (l'effet jet lag ?).
Enfin, quand la musique vole si haut, on peut comprendre, non ? Car détrompez-vous, ce concert était absolument terrible : Fabrizio Bosso, un jeune trompettiste, a fait preuve d'un fougue incroyable ; Baptiste Trotignon s'amusait comme un petit fou sur son orgue Hammond B3.
Et surtout, il y avait le batteur Eric Harland. J'avais eu l'occasion de voir un concert à la télé (sur feu Jazz 6), où il accompagnait McCoy Tyner et Bobby Hutcherson, avec Charnett Moffett, et j'avais été scié par l'intensité de son jeu ; c'est exactement le même sentiment que j'ai ressenti au Diapason : une densité de jeu incroyable, une présence, une puissance, et tout ça, sans vraiment donner l'impression de forcer... rien que pour lui, le concert valait le déplacement, alors avec trois autres musiciens d'une telle valeur, vous pensez bien, même si j'ai trouvé Stefano Di Battista un poil en retrait, musicalement (l'effet jet-lag ?)...

PS : Yann Renoult, photographe, m'a signalé qu'il avait couvert le festival, et notamment ce concert. Vous pouvez retrouver ses photos en cliquant ici.

Publié dans Concerts

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