Les estivales de l'orgue, à Rennes, le 24/08/08

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Depuis de nombreuses années, chaqué été, à Rennes, sont organisées Les Estivales de l'orgue, qui sont l'occasion de (re)découvrir à la fois les instruments dont disposent les églises rennaises et le riche répertoire composé pour cet instrument.
Cette année, les concerts, qui se déroulent le dimanche à 16h00, avaient pour thématique un hommage à Olivier Messiaen. Un compositeur qui a durablement marqué la musique contemporaine, à la fois fervent catholique, féru de musique indienne et d'ornithologie, autant d'éléments qui ont profondément marqué sa musique.
Le cinquième concert de la série proposait d'explorer, sous le titre "trajectoires", des liens de maître à élève, mais aussi d'influence et d'amitiés au sein de ce monde musical contemporain.
C'est Yves Krier, auteur de l'excellent livret qui accompagne les concerts, accompagné de l'ensemble Ebruitez-vous, qui interprétaient les oeuvres au programme.
Une très belle mélodie, La lettre, signée Daniel-Lesur, sur un poème de la mère de Messiaen, Cécile Sauvage, ouvrait le concert, avec notamment Marie-Dominique Pellet au chant. Avant d'entendre la musique du maître, Yves Krier, installé à l'orgue du choeur, interprétait les Fioretto de Charles Tournemire, un des maîtres de Messiaen.
Le choix des oeuvres de Messiaen permettait de découvrir toute la diversité de son inspiration, des Poèmes pour Mi, encore marqués par l'héritage, à quelques extraits du fameux Quatuor pour la fin des temps, réarrangés pour l'occasion. Les oeuvres suivantes, interprétées au grand orgue, Méditations sur la Mystère de la Sainte Trinité et Pièces en trio, influencés à la fois par les travaux de ses élèves, par le chant grégorien, par les chants d'oiseaux, montraient un Messiaen très aventureux.
C'est logiquement qu'on entendit ensuite des extraits de Domaines, pour clarinette seule, de Pierre Boulez, sûrement l'élève le plus célèbre de Messiaen. L'acoustique de la Cathédrale ne rendait peut-être pas justice à la précision de ces pièces, mais l'interprétation de Gilles Gastou était intense.
Pour finir, Yves Krier proposa une de ses pièces, clin d'oeil au work in progress sans fin de Boulez, suivi d'une nouvelle très belle mélodie de Daniel-Lesur, sur un poème de Henri Heine.
La cathédrale était bien remplie, et on ne peut que saluer cette initiative (et la météo !) qui permet de découvrir un répertoire exigeant servi par des interprètes de qualité.

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