Un millier d'années de bonnes prières, de Wayne Wang

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Ce film constitue un diptyque avec le film La princesse du Nebraska (dont vous pouvez lire ma chronique ici).
Comme dans La princesse du Nebraska, on retrouve des personnages chinois aux États-Unis. Ici, c'est Mr Shi, qui vit en Chine, qui vient rendre visite à sa fille, Yilan, qui vit seule dans une petite ville américaine.
D'entrée, on sent la nervosité de la jeune femme. Son visage est fermé, elle reste muette. Son père, par ailleurs un peu déboussolé par les moeurs américaines, essaye d'établir le contact avec elle, mais la tâche s'avère ardue.
Mr Shi essaye de se rapprocher d'elle en lui préparant des petits plats, mais plus le temps passe, moins Yilan passe de temps avec son père, le fuyant par tous les moyens.
Mr Shi essaye tant bien que mal d'occuper son temps et de rencontrer d'autres personnes, ce qui, en raison de son anglais limité, donne lieu à quelques scènes cocasses avec des prêcheurs mormons (ou sont-ce des témoins de Jehovah ?), avec une étudiante en médecine légale, avec un antiquaire, avec une vieille femme iranienne rencontrée sur un banc public...
Quelque peu intrusif, pour le bien de sa fille, Mr Shi (admirablement interprété par Henry O) arrivera-t-il à briser la carapace de sa fille ? C'est ce que vous saurez en allant voir ce film très sensible, ou chacun des personnages est confronté à la vérité et ou ils sortiront transformés de cette confrontation douloureuse.
Les non-dits vont peu à peu remonter à la surface, et Yilan fera comprendre à son père son incapacité d'exprimer ses sentiments en chinois, langue que lui ont transmis ses parents, peu démonstratifs...
Tout au long du film, la très discrète musique composée par Lesley Barber, essentiellement au piano, souligne la dramaturgie sans jamais l'appuyer.
Ce film est beaucoup plus cadré et réfléchi que La princesse du Nebraska, ce qui correspond admirablement bien à la personnalité de Mr Shi, comme le côté un peu destructuré et clipesque de La princesse du Nebraska correspondait bien à la personnalité de Sasha.

A voir : Un millier d'années de bonnes prières, de Wayne Wang, 2008

Publié dans Cinéma

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Pauline 19/08/2008 23:56

Je me présente : ignorante en cinéma asiatique !!Ca doit se limiter à Wong Kar Way (zéro pointé en orthographe ?) et Hou Hsiao-Hsien, c'est dire....Mais là j'avoue que tes deux arcticles donnent envie d'aller voir les films !