Concert de Bruce Springsteen, au Parc des Princes, à Paris, le 27/06/08

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Un grand'messe rock'n'roll, voilà ce à quoi nous avons assisté hier soir, au Parc des Princes, sous un ciel quasiment sans nuages.
Depuis presque quarante ans, Bruce Springsteen trace le même sillon, exerce le même sacerdoce : nuit après nuit, il offre son énergie salvatrice, son pouvoir mélodique à des milliers de personnes en quête d'un moment de bonheur et de partage.
Ses chansons parlent des rêves de tout un chacun : rêves d'amour, de bonheur, souvent brisés par les contingences terrestres, par les décisions ou l'inconséquence des Grands de ce monde. Conscience sociale sans misérabilisme, Springsteen affirme la fierté et la douleur des gens de peu.
On regrette parfois de ne pas mieux comprendre sa langue, pour saisir toutes les subtilités de son écriture lyrique, car le Boss est un auteur lyrique, autant dans ses paroles, qui se déversent comme un flot continu, d'un très grande densité, que par sa musique, qui offre de nombreux hymnes aux mélodies accrocheuses.
Ce vendredi soir, Bruce nous a offert de large extraits de son immense répertoire (plus de 200 chansons !), puisé dans toute sa carrière.
En voici les titres, par album :
- Greetings from Asbury Park (1973) : "Spirit in the night", "For you", dans une version seul, au piano, magnifique
- Born to run (1975) : "10th avenue freeze out", "Born to run", "She's the one"
- Darkness on the edge of town (1978) : "Badlands", "Adam raised a Cain", qui a ouvert le concert, "Candy's room", "The Promised Land"
- The River (1980) : "out on the street", "the river"
- Nebraska (1982) : "Atlantic City"
- Born in the USA (1984) : "Darlington county", "Dancing in the dark", "No surrender", "Bobby Jean"
- The Rising (2002) : "Mary's place", "The Rising"
- The Seeger sessions (2006) : "American Land"
- Magic (2007) : "Radio Nowhere", "Living in the future", "Long walk home", "Last to die" et "Girls in the summer clothes", qui entre parmi les classique du Boss (quelle voix sur ce titre !)
Quelques morceaux plus rares, comme "Rendezvous" (peut-être le titre le plus faible de la soirée), "Janey don't you loose heart", "Fire" et surtout "Because the night", créé par Patti Smith (mais composé par le Boss), ici admirablement interprété par le E Street Band, avec un solo virevoltant de Nils Lofgren.
Comme on le voit, il n'y a que du lourd (ou quasiment) dans ce set, et Springsteen a soigneusement évité le passage à vide du tournant des années 80-90... on aurait bien aimé un petit extrait de "The Ghost of Tom Joad", mais Bruce était manifestement plus d'humeur festive que sombre et on ne peut pas être trop exigeant, après 2h45 de concert. Les fans du premier rang ont pu choisir quelques titres, grace à des cartons qu'ils avaient préparé, mais tout le monde ne peut-être absolument satisfait.
Le E Street Band est une formidable machine à faire danser, à faire chanter : Max Weinberg et Gary Tallent (batteur et bassiste) sont la solidité faite homme, Roy Bittan est toujours stupéfiant de lyrisme au clavier, Little Steven fait le show, comme le sax Clarence Clemons, et les autres sont aussi excellent : à presque dix sur scène, je peux vous dire que le groupe assure !
On retiendra en tout cas de nombreuses images : les fans qui reprennent les paroles en coeur, qui répondent à toutes les sollicitations du groupe, cette petite fille blonde hypnotisée par le Boss, qui lui a touché la main... on n'est pas loin du saint thaumaturge, mais ce contact avec les fans du premier rang se fait sans trop de démonstration et dans un bon esprit.
A aucun moment on n'a le sentiment d'assister à un set racoleur, même si on se doute bien que tout cela est parfaitement huilé et orchestré. The Boss is still the Boss !

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Philippe N. 03/07/2008 11:13

Un compte rendu comme si on y était par un vrai connaisseur de la carrière et de l'oeuvre du Big Boss ! Depuis l'immense succès (tout ça sur un malentendu !) de "Born in the USA" faisant de Sprigsteen aux yeux de beaucoup de non anglophone une icone de l'imperialisme US, le bonhomme s'est evertué à gommer cette fausse image et a pris de plus en plus d'épaisseur (l'âge y est surement  pour quelque chose) continuant à graver des albums d'exellentes factures. Tout à fait d'accord avec toi cher François, la fréquentation de la discographie du Boss en 2008 est absolument indispensable !

03/07/2008 12:56


Merci pour ce commentaire ! j'ai totalement oublié de dire que le Boss avait invité sur scène Elliott Murphy et son fils Gaspard pour jouer sur le titre "Born to run"...