Concert du Trio Miyazaki, à l'Institut Franco-Américain, à Rennes, le 06/05/08

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Les Concerts de Midi, habituellement consacrés à la musique classique, nous proposaient ce mardi 6 mai 2008 un voyage à la découverte d'un instrument japonais, le koto.
Le trio Miyazaki, composé de Mieko Miyazaki au koto, de Bruno Maurice à l'accordéon et de Manuel Solans au violon nous ont offert bien plus qu'un simple concert de découverte de cet instrument. En effet, leur musique, en grande partie composée par eux-même, est une superbe rencontre entre différents univers : la musique japonaise, traditionnelle ou classique, la musique européenne savante, avec le violon de Manuel Solans et l'accordéon de Bruno Maurice, dont l'instrument nous tire aussi vers les musiques populaires.
Le concert a débuté par une pièce en solo de Mieko Miyazaki, suivi par l'emblématique "Asakusa-Notre Dame", parfait trait d'union franco-japonais, savant mélange d'accordéon très légèrement musette et d'harmonies asiatiques qui au final ressemblait à certaines inflexions de la musique française de la fin du  XIXème siècle ou du début du XXème (Debussy, Ravel).
Le morceau suivant, "Haru kaze" ("brise de printemps"), sur une gamme pentatonique traditionnelle, collait parfaitement à l'atmosphère du beau jour de printemps que nous étions en train de vivre.
Faisant entorse à un répertoire jusque-là totalement original, Mieko Miyazaki et Manuel Solans proposèrent une transcription de l'oeuvre la plus connue du maître du koto, Michio Miyagi (1894-1956), "Haru no umi" ("La mer du printemps").
Puis ce fut au tour de Bruno Maurice, de nous proposer une de ses compositions, inspirées par la dégustation d'un Sancerre pétillant, qui donne son nom au morceau... loin des "flon-flons de la valse musette" auxquels on veut trop souvent réduire l'accordéon, Bruno Maurice propose une utilisation moderne de cet instrument. Ce territoire a été déffriché par des gens comme Richard Galliano, mais on pense plus ici à l'univers d'un Jean-Louis Matinier, poétique et contemplatif (cf. son album Confluences, Enja Records, 2003).
Le reste du concert fut à l'aune de ces premiers titres : titres évocateurs de caresses, de cheveux fous ("midare gami"), avec des mélodies fraîches mais une grande vigueur rythmique. Le concert s'est achevé par l'enlevé et comique "zuizui", chanson populaire équivalent à notre "Am-stram-gram".
Mieko Miyazaki a utilisé pour un titre un koto plus grave (le jyûsitigen ?), et tout au long du concert, nous avons pu observer les différentes technique pour utiliser le koto : jeu en arpèges, cordes frottées, cordes enfoncées... une grande variété de technique qui rendent cet instrument très expressif.
Un excellent moment de découverte et d'émotions... Pour vous rendre compte par vous même de la qualité de la musique du trio,, je vous conseille la consulter leur site internet, très complet, avec extraits musicaux, vidéos, interview...

A écouter : Sai-Ko, du Trio Miyazaki, chez Daqui, 2008 (disponible chez Harmonia Mundi)

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