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Mercredi 9 avril 2008
Séquence nostalgie... revoir Mark Knopfler en concert, c'est un peu comme retrouver un vieux copain qu'on a énormément fréquenté, puis perdu de vue pendant plus de quinze ans.
La dernière fois qu'on s'était croisés, c'était déjà à Nantes, à la Beaujoire (le 24 mai 1992, pour être précis), pour la tournée "On every street", la dernière de Dire Straits . Un concert mémorable, lyrique et épique... Puis nos chemins se sont peu à peu séparés, même si je n'ai jamais renié cette "amitié", face aux contempteurs du rock "mainstream" du groupe. Je trouvais que Mark Knopfler avait réussi à synthétiser la rudesse du rock américain à la Springsteen avec une inspiration plus sensible à l'anglaise...
De temps en temps, je jetais une oreille sur les disques solos de l'ami Mark (Golden Heart, Saling to Philadelphia, Kill to get Crimson). A l'écoute de ces albums, j'avais bien senti la lente évolution de Mark Knopfler : une quête d'un style moins démonstratif, d'une musique plus intimiste et sensible, loin des gimmicks du guitar hero.
C'est cela que j'ai retrouvé au Zénith : un musicien revenu de tous les excès démonstratifs, à la recherche de la phrase de guitare juste, de l'atmosphère qui fera sens.
Le concert a très bien commencé, avec des morceaux enlevés comme "Cannibals" et "Whats it is", morceau dans lequel il introduisit un de ces moments de respiration dont il avait l'art avec Dire Straits, occasion d'un dialogue avec le violoniste/flûtiste/jouer de mandoline, qui prit en charge une grande part du lyrisme de la soirée (excepté lors des reprises de Dire Straits (cf. infra)).
Tout au long du concert, de très beaux moments mêlant folk, country, musique celtiques, harmonies vocales ("Done with Bonaparte", "The fish and the bird", sûrement un des momentes les plus intenses et simples de la soirée) montrèrent l'orientation récente de la carrière de Mark Knopfler.
Mais bien sûr, il paraissait difficile qu'il fasse l'impasse sur les "années héroïques". Mark Knopfler nous offrit donc des reprises de Dire Straits : "Romeo & Juliet", qui s'intégrait de manière merveilleuse à l'univers intimiste de la soirée ; un "Sultans of swing" joué en quatuor, comme aux débuts, dans une version très proche de l'enregistrement studio, alors que les versions live des années 90 pouvait durer 10 à 12 minutes... retour à l'épure ? plus l'énergie suffisante pour les envolées lyriques ? on peut écarter cette dernière hypothèse, si on se fie à la version de "Telegraph road" proposée à Nantes, qui renouait avec le style épique. On eut aussi droit au sympathique "So far away" en rappel et au thème "Going home" pour se dire au revoir.
On sent Mark Knopfler tiraillé entre ce passé de rock star et cette volonté d'un nouveau style - pour preuve, cet effet pyrotechnique lors de "Speedway to Nazareth", qui voit le plafond descendre pour former une rosace de dobro... un gimmick d'un autre temps... dans ces moments, on le sent étrangement absent, comme sur pilote automatique ; il faut dire que le garçon n'a jamais été très souriant, ni un entertainer de première classe : ses deux seules prises de paroles furent identiques à celles qui figurent sur le DVD live avec Emmylou Harris...
Que conclure de cette soirée ? un beau moment, avec un petit pincement au coeur en se disant que Mark Knopfler, malgré toutes ces années, reste encore prisonnier de son passé... moment paradoxal, car une partie du plaisir des spectateurs ne semblait pas correspondre à celui de l'artiste...

A écouter : Kill to get crimson, de Mark Knopfler (2007)

PS : en première partie s'est produit le chanteur irlandais Bap Kennedy, accompagné par une excellent guitariste ; il nous a offert un court mais très bon moment de folk-rock avec des titres accrocheurs comme "be careful what you wish for", "moonlight kiss", "never invite a vampire into your home"... à découvrir !
- Publié dans : Concerts
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Commentaires

J'y etais aussi bien placé et quel chance d'avoir vu ce gars de 60 ans cette année et quel talent, un inconditionnel
Commentaire n°1 posté par Breizh le 02/03/2009 à 09h06

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