There will be blood, de Paul Thomas Anderson

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therewillbeblood.jpgIl fut un temps ou j'arrivais à une séance de ciné avec en tête les critiques lues dans mon hebdo culturel préféré (Télérama, pour ne pas le citer) et entendues au Masque et la Plume, sur France Inter... si bien que j'avais souvent l'impression non pas de voir le film, mais de le revoir, juste pour confirmer l'opinion que je m'en étais faite à travers les critiques que j'avais entendues.
Depuis, j'ai lâché Télérama (le lire me prenait tellement de temps que je n'avais pas le temps de lire les bouquins, de voir les films, ou les expos dont il parlait !) et j'écoute Le Masque et la Plume après avoir vu les films.
Arriver à une séance de ciné vierge des a priori critiques, seulement porté par une rumeur, par le nom d'un acteur, d'un réalisateur ou un thème intéressant, voilà qui fait du bien !
De There will be blood, je savais peu de chose : je trouve Daniel Day-Lewis sympathique, mais je suis bien en peine de citer un film dans lequel je l'aurais vu ; par contre Paul Thoma Anderson m'a à jamais marqué avec Magnolia ; quant au thème, la découverte du pétrole aux États-Unis, il ne me passionnait pas de prime abord (un remake de Géants ?).
D'emblée le film impose son univers : tout le début est quasi muet, avec une musique vraiment prenante. On sent qu'il va se passer des choses terribles. On sait que Paul Thomas Anderson apporte une attention particulière à la bande son : Magnolia était largement inspiré des chansons de Aimee Mann. Ici, c'est la musique de Jonny Greenwood, échappé de Radiohead, celle d'Arvo Pärt qui porte l'action. Si l'on retirait la musique, bien des plans seraient des plus banals. Paul Thomas Anderson a en cela parfaitement retenu les leçons du couple Alfred Hitchcock-Bernard Herrmann...
Mais au fait, de quoi s'agit-il ?
Daniel Plainview est un prospecteur extrêmement ambitieux qui peu a peu devient "oilman" (pétrolier) ; il n'hésite pas à utiliser son fils adoptif à tête d'ange pour convaincre ses futurs associés ; il s'acoquine avec l'église locale (l'église de la Troisième Révélation) pour gagner des terres.
Peu à Peu Plainview révèle le fond de son caractère : un être misanthrope que rien n'arrêtera dans sa route vers le succès. Il est sans pitié et fait peu à peu le vide autour de lui.
Au fur et à mesure que le film progresse, Daniel Day-Lewis devient absolument impressionnant : le corps marqué par le travail de la mine, le visage buriné, le regard sombre, on sent son âme brûler, l'explosion de violence toujours prête à jaillir.
Les relations entre l'Eglise et l'argent sont magistralement démontées dans des scènes d'une incroyable drôlerie pour les athées comme moi ! Paul Dano, en prêtre-prophète est absolument convaincant... et tout le casting est à cette aune.
Paul Thomas Anderson réussit un film passionnant mais peu optimiste sur la nature humaine, s'élevant au-dessus de la simple histoire de pétrole qu'il nous raconte.

A voir : There will be blood, de Paul Thomas Anderson

Publié dans Cinéma

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François de Rennes 11/04/2008 13:46

Vous pouvez lire une chronique très réussie de ce film sur le blog "La
boîte à lectures" :
http://laboitealectures.canalblog.com/archives/2008/03/25/8461561.html