Paris, de Cédric Klapisch

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paris.jpgJe suis sûr que chacun d'entre nous a au moins un bon souvenir lié à un film de Cédric Klapisch. Pour ma part, je peux en citer trois, sans vraiment trop réfléchir (tous liés à la musique, tiens tiens) : la scène hilarante ou un ado essaye de jouer "I'm going home" de Ten Years After dans Le péril Jeune ; la fin de Chacun cherche son chat, avec La musique de Portishead qui accompagne Garance Clavel dans la rue ; le rock endiablé entre Jean-Pierre Darroussin et Catherine Frot dans Un air de famille... 
Incontestablement, Klapisch a l'art de réussir des scènes, et aussi à saisir l'air du temps, comme en témoigne le succès de L'auberge espagnole et de Les poupées russes.
Vu ce succès, il était légitime pour lui de se lancer dans un film plus ambitieux. Avec Paris, il s'attaque à un genre très particulier et très casse gueule, le film choral, dont les meilleures réussites sont peut-être, de mon point de vue, Short Cuts de Robert Altman et Magnolia de Paul Thomas Anderson.
Paris propose de suivre les destins croisés de personnages qui évoluent sous le regard de Pierre (Romain Duris) qui pense qu'il va bientôt mourir.
Il y a Elise (Juliette Binoche), jeune quarantenaire qui ne croit pas à un nouveau bonheur possible, Laetitia (Mélanie Laurent), étudiante qui se fait draguer par son prof d'histoire Roland Verneuil (Fabrice Luchini), quinqua pris de crises d'angoisses, comme son frère, l'architecte Philippe Verneuil (François Cluzet), véritable madeleine. Et puis il y a les commerçants : la boulangère (Karin Viard), plutôt étroite d'esprit (c'est un euphémisme !), les maraîchers Jean (Albert Dupontel) et Caroline (Julie Ferrier), les poissonniers (Gilles Lellouche et Zinedine Soualem) et encore quelques autres.
Si certains personnages sont très attachants (ceux de Juliette Binoche, Julie Ferrier, Fabrice Luchini), tout cela tourne un peu à vide : manifestement les acteurs ne savent pas trop où ils vont (François Cluzet est étrangement absent, alors qu'il habite son personnage dans Les liens du sang), et pour quelques scènes (Fabrice Luchini dansant devant Mélanie Laurent) ou histoires réussies (la relation entre Juliette Binoche (très juste, vibrante et belle) et Albert Dupontel (lui aussi vibrant, les yeux sombres)) très réussies, on assiste à beaucoup de scènes convenues : l'entrevue de Luchini avec le psy (Maurice Bénichou), par exemple.
Certaines scènes sont filmées comme des clips, et excepté dans les toutes dernières séquences, Paris n'est vraiment pas mise en valeur, à la différence des films de Christophe Honoré, Dans Paris ou Les chansons d'amour.
Et puis la musique est aussi assez cliché, avec cet electro jazz assez insipide...
Ce film est pavé de bonnes intentions, de bons sentiments, et on pense souvent à du Lelouch... ça a le goût d'un grand film choral, ça a l'odeur d'un grand film choral, mais ce n'en est malheureusement pas un... Une relative déception, car Klapisch est un réalisateur éminement sympathique, mais n'est par Robert Altman ou Paul Thomas Anderson qui veut...

A voir (ou pas) : Paris, de Cédric Klapisch

Publié dans Cinéma

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Orphée 20/03/2008 22:11

Je ne serais pas aussi sevère que toi, mais il est vrai que ce Klapish n'est pas aussi bon que Le péril Jeune !!!