La nuit nous appartient, de James Gray

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lanuit.jpgLa nuit nous appartient (quel titre !), de James Gray, s'inscrit dans la grande tradition du film de gangster américain. Il n'a pas d'autre ambition que de décrire cet éternel affrontement entre Bien et Mal, qui a nourri le cinéma hollywoodien depuis ses origines.
Ici, Bobby (Joaquin Phoenix), patron d'une boîte de nuit, va être obligé de choisir entre sa famille d'adoption (celle de la nuit) et sa famille d'origine (son frère, interprété par Mark Wahlberg, et son père, interprété par Robert Duvall, sont policiers).
Nous sommes en 1988, et la mafia russe est très active à New York. On assiste donc aux tourment de Joaquin Phoenix, qui est vraiment très bon : Tout se passe dans ses yeux... Mark Wahlberg est aussi excellent, dans le genre roc qui se fissure. Quant à Robert Duvall, sa présence suffit à donner de la crédibilité à toute l'intrigue : c'est un monument !
Certaines scènes sont violentes, la fin de pure convention, comme dans la plupart des produits hollywoodiens, mais on passe un excellent moment, rythmé par des tubes  plus ou moins de cette période ("Heart of glass", de Blondie, " The Magnificent Seven", de The Clash, un petit Bowie...).

A voir : La nuit nous appartient , de James Gray

Publié dans Cinéma

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Julien 06/04/2008 13:28


Je ne trouve pas que la fin de " La nuit nous appartient " soit de pure convention ! D’ailleurs en te lisant, j’ai retrouvé ce que j’avais noté à ce propos après avoir vu le film :
 
" J’étais allé voir un film, c’était un polar américain comme savent les faire les anglo-saxons. Une histoire avec un canevas tragique, fraternités, fils reniés. Le film était bien réalisé mais j’ai été surpris que le héros ne meure pas à la fin, comme s’il manquait un peu d’horreur à cette histoire. Sa femme non plus n’était pas, ainsi qu’on aurait pu s’y attendre, spectaculairement harponnée par le destin : oppressée par la situation, elle le quittait, tout simplement. C’était un peu ridicule, en dessous du niveau. Je me suis longtemps demandé pourquoi diable le réalisateur ne lui avait pas réservé une fin plus moche. C’est sans doute parce qu’il était d’autant plus tragique de refuser à ses héros même la souffrance et la mort, les seules issues qui leur restaient. "
 
Et effectivement, voir Joaquin Phoenix se métamorphoser en flic bon teint à la fin est peut-être une façon de désamorcer le trop-convenu… Mais effectivement ça choque un peu !
 
Et pour la B.O., elle est effectivement fantastique : d’ailleurs je crois que " Magnificent Seven ", ma troisième chanson préférée des Clash après " Guns of Brixton " et " Rock the Casbah ", se moque de la vie rangée en général… Coup de génie de mettre ce son dans une scène de fête pleine d’alcool et de poker !
 
J’adore aussi l’effet programmatique dans la scène du bal qui ouvre le film : alors que les flics réunis rendant hommage à l’un des leurs, Joaquin Phoenix est dans le couloir avec sa blonde, mal en point si je me souviens bien, clairement à l’écart de ses congénères, en loup solitaire, et là les douze coups de minuit sonnent… Très balèze comme effet mais vraiment bon.
 
Pour finir, je te recommande " The Yards ", je pense que tu l’as vu, si ce n’est pas le cas… fais-le ! Notamment pour l’ouverture du film dans le métro, pure merveille…
 
A+, Julien de Radio Campus Rennes, celui qui devrait voir des films mais n’a plus le temps…

François 06/04/2008 13:39


merci pour ton commentaire Julien ! quand je parlais de "pure convention", c'est effectivement à cette fin qui ne colle pas avec le déroulement logique du scénario : la femme de Joaquin Phoenix
devait mourir, de même que lui... mais ça aurait été trop parfait : la vie n'est pas comme ça... on continue à vivre et on s'arrange comme on peut... c'est d'autant plus tragique, et ça me fait me
rappeler certaines phrases de Maurice Maeterlinck, dans Le Trésor des Humbles sur "le tragique au quotidien"...
D'un point de vue plus terre à terre, il ne faut pas non plus négliger le rôle des studios dans l'affaire, et le contrôle sur le final cut : c'est sûrement la différence entre un film d'auteur et
un film de studio...
Pas vu The yard, mais je sauterai sur l'occasion dès que je peux !